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Palantir : des revenus en hausse de 85%, un quart de sa valeur boursière perdu, et une intelligence qui n’est pas la sienne

Graphique boursier en chandeliers de l’action Palantir Technologies (PLTR, 147,76) d’avril à début février, avec des lignes de support et un canal descendant depuis novembre.
Matthieu de Cremoux
Article publié par
Matthieu de Cremoux, Directeur Produit & Marketing, France-IX
Paru d’abord sur LinkedIn le 5 juin 2026 · voir le profil

Le cœur du business de Palantir : structurer des données en masse et les brancher sur OpenAI ou Anthropic. Mais il y a un hic car l’intelligence n’est pas la leur. Et maintenant, tout le monde peut faire pareil.

Palantir fait beaucoup parler de lui : renouvellement de contrats avec la DGSI, des revenus qui ont presque doublé (+85% sur une année glissante)…

Pourtant, il a perdu un quart de sa valeur boursière depuis sa plus importante valorisation en novembre dernier.

+85%
de revenus sur une année glissante
un quart
de valeur boursière perdue depuis novembre

Ce paradoxe (doubler les revenus tout en perdant un quart de sa valeur en bourse) pointe du doigt un problème encore invisible.

En pratique, Palantir est une sorte de raffinerie qui collecte des données brutes, éparpillées, peu structurées, et les transforme en quelque chose d’exploitable. Particulièrement pertinent pour des organisations qui manipulent d’importants volumes de données peu structurés.

Et c’est là qu’il faut une intelligence, et celle-là, Palantir l’achète à OpenAI ou Anthropic.

Tant que personne d’autre ne savait construire cette couche opérationnelle, tout allait pour le mieux. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

Anthropic, OpenAI et d’autres acteurs sont en train de la construire : des plateformes capables de structurer les données pour les exploiter avec leurs propres modèles.

Palantir n’est plus l’unique fournisseur.

Et quand l’intelligence n’est pas la sienne et que la structuration des données n’est plus son monopole, qu’est-ce qu’il nous reste ?

Bien que ce ne soit pas la cause unique, c’est en partie ce que le marché est en train de pricer.

Au-delà des questionnements qui en découlent, c’est une dynamique que toute entreprise devrait surveiller de près.

La valeur ajoutée d’une offre n’est jamais acquise définitivement. Elle se rétrécit dès que quelqu’un d’autre peut faire la même chose. Et dans l’écosystème technologique actuel, ce « quelqu’un d’autre » peut être votre propre fournisseur.

Une entreprise doit toujours être suffisamment différenciante pour rester irremplaçable.

Pas dans le sens marketing, mais dans le sens opérationnel : est-ce que quelqu’un peut construire exactement ce que vous faites, sans vous ? Si la réponse est oui, la question de la valeur ajoutée se pose.

Chez France-IX, la valeur ajoutée est ancrée dans quelque chose de difficile à reproduire, une combinaison unique : une infrastructure neutre, une communauté de plus de 600 réseaux interconnectés, une disponibilité inégalée, deux plateformes de peering étanches l’une de l’autre, et une position centrale dans l’écosystème Internet français.

S’il ne faut retenir qu’une chose, c’est que Palantir n’a pas mal exécuté, ils ont juste construit sur une fondation que d’autres pouvaient reproduire.

D’ailleurs, Anthropic a déposé son dossier d’IPO il y a quelques jours à plus de 2,5 fois la capitalisation de Palantir. De quoi faire réfléchir !

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